« Rivières d'Artistes »

Pour cette 5ème et dernière exposition de l'année scolaire, du 22 mai au 16 juin 2014, la galerie Musidora présente des livres d'artistes aimablement prêtés par les Éditions Rivières.
Sous la forme de textes d'auteurs connus, illustrés par divers artistes de renom, cette proposition montre en beauté les liens privilégiés qu'entretiennent l'écriture poétique et l'expression plastique.
Pour l'évènement, certains participants, dont les noms sont en exergue sur le carton d'invitation, ont accepté d'enrichir l'espace de la galerie avec des installations, des collages muraux, des photographies, des dessins et des peintures afin d'accompagner les nombreux ouvrages présentés en vitrines.
Les Éditions Rivières se veulent héritières de P.A.B alias Pierre André Benoit, éditeur, peintre et poète gardois, qui a travaillé avec les plus grands : Braque, Picasso, Picabia, Miro, René Char, Alechinsky et bien d'autres encore.
C'est donc dans un flot d'écrivains et de plasticiens que se termine la saison 2013/2014 de Musidora, qui vous donne d'ores et déjà rendez-vous à la rentrée scolaire 2014/2015 pour une exposition des artistes anciens élèves du lycée Louis Feuillade.



Les artistes que nous avons vus cette année à Musidora pratiquaient la peinture, la sculpture, la vidéo, l’installation, la photo ou la performance… Rivières d’artistes nous montre un aspect plus discret qui nous servira en Terminale pour l’étude de Man Ray illustré par Eluard: l’illustration (Antonia). Dans les vitrines centrales ou périphériques, des livres d’artistes dont certains, paraît-il de renom (Viallat, Le Gac, Titus-Carmel, Clergue…) s’inspiraient de grands poètes français : Butor, James Sacré, Jean Joubert, Régine Detambel… (Floriane). Parmi ces livres, celui d’un nouvel ancien élève du lycée : Vincent Boucheron, Mention TB au bac L, l’année dernière, en collaboration avec Dorothée Clauss, la peintre de la fresque du Bâtiment 2, avec le mouton et le bateau en papier. Et Béatrice Teulon-Nouailles, autre mention TB de TL, mais plus ancienne, illustrant son papa. Sur les murs de la première salle, « D’un seul coup d’œil » d’Yves Reynier, qui se perçoit comme une fresque, avec ses collages de cartes postales, ou de paquets de cigarettes chinois, de la taille d’une main, avec une forme inédite à chaque fois, directement plaqués au mur, sans support (Maurine). On dirait des étoiles au firmament ou des souvenirs de voyage et de sensations sur un océan d’oubli, d’ignorance (Eva). Il y avait aussi des skates, des ardoises, choisis spécialement pour nous, public de jeunes lycéens. En face, Michel Cadière, avec ses dessins noir sur blanc parfois accompagnés de perles. Un univers très personnel, fantstique, dont on nous a dit qu’il se rapprochait de l’art brut mais qui a plu à tout le monde. On aimerait tous savoir dessiner de la sorte. Cela m’a fait penser à l’Inde (Kelly). Dans la même pièce, « Le dernier mot » de Clarbous. Une énorme plume qui écrit un tout petit mot, « ciel ». Cette œuvre m’a fait penser à la citation d’Einstein : « L’imagination est plus importante que la connaissance car la connaissance est limitée alors que l’imagination englobe l’univers » (Sandra). Dans l’autre pièce, l’énorme mot « ciel » sur le mur, à l’aide d’une corde noire reliée à un énorme sifflet chromé m’a inspiré ces quelques vers : « Nos vies sont entre tes mains libres/Tu te joues de nous et arbitres le match de notre vie/Toi seul décides et siffles/ Seule la plume de l’artiste crée » (Victoria). Les photos de Paola di Prima nous ont intriguées. En fait on pense à un nuage grossièrement esquissé et il s’agit d’un point, de la lune prise tandis que l’artiste bouge ce qui donne l’impression d’une ligne continue (Lucile). Ses peintures vues du train avec leurs couleurs à l’horizontale m’ont inspiré moi aussi ce poème : « Sur les voies ferrées/ Comme le chemin de la vie/ Les bois les coquelicots les blés et les prairies/ Comme les paroles envolées, Laissent de longues traînées vives/Et forgent des souvenirs (Clément). Un travail qui a bien plus aussi, c’est la composition pour stores et carrés de Didier Equer, en rouge et noir. De loin, on pense à un immeuble à la Georges Pérec, avec des petits bonshommes qui s’agiteraient à tous les étages ; de près, on voit bien le geste à la Pollock, parfois entrecoupés de caches. Le store renvoie à la fenêtre, à la lumière et donc à la couleur (Maurine). Les deux « alibis » de Catherine Hachon nous ont fait penser à ce qu’on voit au microscope, dans une peinture très fluide, très liquides, avec des taches qui ressemblaient à des méduses (Kelly). Enfin, un triptyque de PAB, Pierre-André Benoit, ami et éditeur de Picasso, Picabia, Char, Miro, Braque, à qui ces tableaux doivent tant, et dont on peut voir les poèmes dans les vitrines prêtées par son cousin, Jean-Paul Martin des Éditions Rivières. Laissons le mot de la fin à Clément qui écrit, à propos de la petite pièce de Véronique Reynaud entre le ciel de Clarbous et la lune de Paola di Prima : « Le voile noir d’une mariée endeuillée/Se confond avec la cape de la Mort/Et c’est sans espoir ni force de lutter/ Qu’elle revêt sa robe d’épines/ Et s’abandonne à la passion de cette mort ». Le fond est en effet tapissé de petits dépôts noirs qui ressemblent en effet à des épines qui fonctionnent bien avec le ciel tout proche. Une expo sur le rapport entre Écritures et Arts Plastiques et qui devrait interpeller les professeurs de Lettres, entre autres. D’autant que nos camarades exposaient aussi : Laurine, Myriam, Tracy, Aude, Charlène, Océane et Mélissa pour l’instant.
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