Livre Objet et livre d'artiste
Février - Mars 2012


Les origines du livre-objet
A toutes les époques, peintres, calligraphes, écrivains et poètes ont joué sur l’aspect visuel du texte. Toutefois, la notion de livre-objet n’est pas si ancienne… c’est surtout à partir des années 1970 que le livre va connaître les plus belles évolutions plastiques. Rompant avec la conception traditionnelle du livre illustré, des plasticiens se voulurent inventeurs de formes nouvelles et tinrent à varier les matériaux utilisés comme supports de l’écriture : ce qui importe alors est de mettre en matière le texte, de lui donner du corps mais à l’échelle du livre entier (et non pas seulement à « l’unité-poème » par exemple, comme les célèbres Calligrammes d’Apollinaire).
Le livre n’est pas seulement un contenant, banal ou précieux, il est partie prenante de l’expression et de la signification de l’œuvre.
Le livre-objet est habituellement conçu et produit entièrement par l’artiste.

La recherche des formes et des matériaux
Le support est adapté, par son format et sa qualité au contenu même de l’œuvre. On peut alors utiliser du bois, du plastique, du cuir, toute sorte de papier, des cartes, des journaux… la recherche de nouvelles matières sur lesquelles pourront être inscrits, peints, collés, creusés des mots et des images est aussi importante que celle du travail d’écriture.
Le livre peut aussi prendre la forme d’un autre objet : une boîte, une valise, un coffre, qui contiendra alors les éléments constitutifs du livre. Contenir, enfermer, transporter, le livre devient cachette, bagage, archive…
Livre géant ou minuscule, éclaté ou d’une seule pièce, il invite le lecteur-spectateur à déambuler, se promener à travers les mots, les textes et les images.

Les tendances, les mouvements
En tant qu’œuvre d’un artiste, le livre-objet recouvre une production très hétérogène qui se partage en deux tendances.
* La première remonte aux poèmes-objets des surréalistes comme Breton et ses poèmes illustrés d’un canif ou d’une cigarette et aux reliures originales réalisées par Georges Hugnet, pour ses amis surréalistes. Ce dernier baptise ses ouvrages « livres-objets », dans les années 30. Avec le peintre surréaliste Max Ernst, il innove aussi dans des collages et photomontages. Dans ce premier cas, l’artiste créée un emboîtage original pour un livre qui devient par sa présentation une sculpture.
* La deuxième tendance s’inspire des techniques de collage du Pop Art, des associations de mots et d’objets de Marcel Broodthaers, des accumulations des collages d’affiches des Nouveaux Réalistes ou du détournement des matériaux de récupération de l4arte Povera. Il existe des livres de plomb 5A. Kiefer), des livres en plexiglass (Rauschenberg, E. Asher), des livres en polystyrène, qui puisent le plus souvent dans les matériaux industriels. Les livres-objets de ce genre s’affranchissent de leur fonction de livre à lire.

  • Livres d'artistes de la Médiathèque Intercommunale du Pays de Lunel.
  • Livres-objets de la collection de Bernard Teulon-Nouailles.
  • Installation réalisée par Laetitia Delor Professeur documentaliste du lycée.
Livre objet - livre d
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