Alain Monnier au lycée Juin 2016

UN ROMANCIER CHEZ LES LITTERAIRES

C’est un jeune retraité que nous avons reçu au Cdi de LOUIS FEUILLADE. En effet, Alain Monnier, auteur d’une quinzaine de romans, avait quitté l’avant-veille de sa visite, ses fonctions de directeur des ressources humaines à la chambre de commerce de Toulouse, notre nouvelle capitale administrative. En fait, il était venu pour nous parler du livre de lui que nous présentons, au bac, dès la fin de ce mois de juin, « Tout va pour le mieux », parodie du Candide trop optimiste de Voltaire. Son héros, Dedican, erre en effet dans un monde soumis aux lois du libéralisme mercantile, découvre la nouvelel Chine, traverse un paradis fiscal, se perd dans un désert saoudien… L’auteur a répondu sans hésitation à toutes nos questions, et a longuement évoqué son héros, Parpot, auquel il a consacré quatre ouvrages (dont un sur la religion et un autre sur la santé). Après avoir résumé ses autres livres, et ses débuts dans l’écriture et dans la publication, il nous a livré sa conception du roman, dont nous pourrons toujours nous servir à l’oral du bac. Mais nous en réservons la primeur aux examinateurs. S. (1
ère L).

Article de Vichery Inès sur Alain Monnier
Vie privée :
Ce jeudi 2 juin, nous avons eu la chance de recevoir l'auteur, Alain Monnier, il a fait ses premiers écrits en général très court lorsqu'il était 5eme cependant il a publié son premier livre beaucoup plus tard, a 40.
Il a fait des études scientifiques : un bac S et une école d’ingénieur, il a toujours aimé la lecture mais n'a jamais fait d’études littéraires car d’après lui son esprit aurait était trop critique et il n'aurait pas pu écrire, mais il a toujours aimé la lecture.
Il travaillait en tant que Directeur des services ressources de Toulouse, pour lui être écrivain n'est pas un métier mais plutôt une occupation source de plaisir non pas une obligation vitale. Il ne vis donc pas de ses romans, sur l'argent vendu obtenu grâce a ses livres, seul 10% lui revienne ce n'est donc pas suffisant pour lui vivre, il considère cet argent comme un "argent de poche".
Ses œuvres :
Il produit en moyenne un livre tout les 1ans et demi, en écrivant près de deux heures par jours. Généralement connu pour son œuvre "Parpot" ou encore "Tout va pour le mieux" ayant intégré les programmes scolaires, nous lui avons posé de nombreuses question a propos de cette dernière œuvre : il écrit généralement le type d’œuvre qui lui plait en revanche cette réécriture de Candide lui a était proposée par ses éditeurs, il a bien pris soin de respecter la correspondance entre les personnages et a gardé le même nombre de chapitre. Dans cette œuvre il dénonce sa vision personnelle des problèmes de la société, il la critique mais uniquement sur des points importants ( il s'inspire notamment d'un de ses ami philosophe J.C Michea). Pour ce qui est de "Parpot" et son personnage énigmatique, il est tout comme son nom, complétement imaginaire, Alain Monnier a cherché un nom qui correspondait au caractère du personnage. Une de ses œuvres "coté Jardin" a était adaptée au cinéma et va sortir très prochainement, cependant l'auteur n'a aucun droit sur l'adaptation, il ne peut pas donner son avis et d'après notre auteur c'est une bonne chose car cela permet d'obtenir un film différent du livre, d'après lui cette différence qui peut déranger certaines  personnes ne soit pas un réel problème.
Interview de Alain Monnier dans le Cdi du lycée Louis Feuillade par un élève de la 1L2 :


-Tout d'abord je vous souhaite la bienvenue et vous remercie d'avoir fait le déplacement de Toulouse.

C'est avec plaisir que j'ai fait ce déplacement.

-J'aimerai que nous commencions tout d'abord par parler de votre vie. A quel âge avez vous commencer à écrire des romans et qu'est ce qui vous a donner envie d'en écrire ?
J'ai commencé à écrire très tôt mais j'ai publié mes livres beaucoup plus tard. Mes premiers souvenirs remontent à la 5ème. Souvent j'écrivais des petit bout d'histoires puis plus tard , un jour je me suis dit qu'il fallait vraiment que j'écrive vraiment quelques chose et plus simplement des bouts d'histoires. Mon premier lire à était publié lors-ce que j'avais 40 ans mais j'ai toujours eu le goût de la lecture.

-Qu'avait vous fait comme étude quand vous étiez jeune ?
J'ai fait un bac S puis une école d'ingénieur , mes études n'avez aucun rapport avec la littérature puis j'ai toujours pensé que si j'avais fait des études littéraires j'aurai peut être eu un esprit trop critique et cela aurait pu m’empêcher d'écrire.

-Quels sont vos connaissances du milieu du travail ?
Tout d'abord il faut savoir que je ne vis pas de mes romans , pour vivre de mes romans il aurait fallut que au moins un roman par an marche bien et fasses de bonne vente. Pour ma part , je sort en moyenne un livre tout les 1an et demi , deux ans. Parfois j'écris plusieurs livres en même temps , certains sont publiés et d'autres finissent au font du tiroir. Globalement , sur un livre 50 % du prix revient à la librairie , 40 % à l'éditeur et 10 % revient à l'auteur. Je me suis arrêter de travailler il y a deux jours mais avant j'étais directeur des services ressources de Toulouse.

-Vous avez arrêté de travailler il y deux jours alors comme allez vous occuper votre temps ?
J'aurai beaucoup plus de temps pour écrire , j'ai envie de garder du temps pour les romans , je vais pouvoir me mettre un peu plus dans le scénario.

-Vous ne considérez donc pas être écrivain comme un travail ?
Exactement , pour moi les sous que j'ai remporté grâce à mes livres sont comme une sorte d'argent de poche. La littérature est un plaisir et je pense que lorsqu'on vit de ça cela devient un métier comme un autre et il n'y a donc plus de plaisir. Moi j'ai choisi que cela sois un plaisir.

Dessin de Chloé Anstett
Alain Monnier
Alain Monnier
Alain Monnier
-D'ou vous viens l'inspiration ?
J'ai l'impression que l'inspiration prends de plus en plus temps à venir , j'ai beaucoup m’étonner , être comme mon tout premier lecteur ? Je pars toujours sur une idée dans laquelle je vais me surprendre moi même.

-Et quels œuvres avez-vous préférer écrire ?
Les livres sont un peu comme les enfants , on les aimes tous . J'ai cependant une préférence pour le premier et le dernier.

-J'aimerai que nous parlions maintenant de votre roman «Tout va pour le mieux » que j'ai étudié en cours. Tout d'abord , avez-vous pris longtemps à écrire ce livre ?
J'écris souvent deux heures par jour , le matin avant d'aller au travail. Il m'a fallu à peu près 1 an pour l'écrire.

-Ce livre est un réécriture moderne de Candide de Voltaire , pourquoi avoir réécrit Candide en beaucoup plus moderne ?
D'habitude j'écris des polars , des comédies , je fais un peu ce qu'il me plaît , cette réécriture était une commande de mon éditeur qui ma proposer de faire une réécriture d'un grand classique. L'éditeur à choisi Candide parmi plusieurs choix que je lui avait soumis. On retrouve entre Candide et sa réécriture des parallèles.

-Avez-vous eu des problèmes et des réactions à sa publication ?
Je n'ai eu aucun problèmes de publication , pour qu'il y est vraiment un problème avec la publication d'un livre il doit avoir une ampleur énorme à la télévision. Les critiques ont été plutôt bonne. Lorsqu'un de mes livres ne plaît pas les gens n'en parlent pas tout simplement. Je dois avouer que je ne pensais pas que ce livre serait utilisé pour le bac , je ne m'attendais pas à ce que certaines de me œuvres sois utiliser dans le milieu scolaire.

-A travers cette réécriture de Candide , exposez-vous simplement votre opinion ou bien dénoncez-vous des problèmes de la société ?
C'est une vision personnel , quand j'ai réécrit Candide j'ai essayé de faire un peu de critique de la société mais à travers les points qui me semblait les plus important. Beaucoup d'idées de ce livre viennent d'un livre de JC Michéa qui est un ami philosophe.

-Certains personnages ou certains moments sont-ils inspirer de choses vue ou vécu ?
De façon général très peu de choses viennent de ma vie personnelle , à chaque fois que j'ai essayer de transformer quelqu'un que je connais en personnage cela n'a pas fonctionné. Souvent je prends simplement quelques petits détails.

-Nous allons maintenant passez à un de vos autres livres qui est « Parpos » Tout d'abord , tout vous est venu l'idée de ce prénom si peu commun ? Et connaissez-vous quelqu'un d'un peu Parpos ?
Je dois dire que ce prénom à été choisi au hasard , je voulais simplement un nom qui colle bien avec le personnage , un nom un peu lourd comme le personnage. Le personnage de Parpos est totalement inventé. Je connais plutôt des gens tels que Claudine , c'est la vie qui nourrit le caractère des personnages.

-Pourquoi avoir consacrés 4 volumes au même personnage ?
C'est un peu le phénomène de la série , mais c'est un peu une série de « feignant » car j'ai écrit ces 4 volumes sur
20 ans. Je pense qu'à l'heure d'aujourd'hui je ne réécrirai pas de livre avec Parpos mais peut-être que dans 5ans j'aurai l'envie de le réutiliser.

-Vous attendiez vous a un tel succès pour ce livre ?
Non , cela m'a beaucoup surpris , je ne m'y attendais pas du tout. J'ai reçu beaucoup de courriers et de lettres après la publication de Parpos.

-J'ai maintenant plusieurs questions à vous posez sur vos autres romans.
Vos autres romans sont-ils réalistes ? Ou avez vous essayer d'autres sujets ? Pourquoi avoir fait un roman de science fiction ?

Il y a par exemple l'histoire de Marie , cette histoire est complètement inventée , j'étais intéressé par la problématique est ce qu'une amitié peut se transformer en amour? « Givrée » parle beaucoup de la différence entre ce qui est dit et ce qui est vraiment réel. C'est une fable un peu sur la communication , l'histoire finit bien. J'ai écrit des livres drôles mais aussi des livres très sombres tels que « Les ombres d'Anna » et « Je vous raconterais ». J'avais envie de faire autre chose , je fais un peu ce que je veux , ce que j'ai envie. Dans « Les Ombres d'Anna » la période est un peu vague , j'ai beaucoup aimé les livres du 19ème siècle et j'ai voulu mettre un peu les pieds dans cet univers. Je me suis dans une atmosphère très sombre pour écrire Anna , je n'ai pas arrêter de passer de très sombres à comique , je change très souvent de style.

-Combien de temps , en moyenne , prenez-vous pour écrire un livre ?
Quand je commence à écrire un livre j'ai déjà visualisé le 1tiers du livre. A partir de ce premier tiers s'écrit le reste de l'histoire au fur et à mesure. Parfois lors-ce que j'ai exploité ce premier tiers je n'ai plus d'idées , le livre finit donc au fond d'un tiroir . Pour qu'un livre fonctionne il faut que l'on puisses quand même y trouver du sérieux et que l'on puisses s'identifier aux personnages. Quand j'écris un livre je fais des manuscrits que je corriges , relis , réécrit jusqu'à ce que l'histoire me convienne parfaitement.
-Envisagez-vous ne adaptation au cinéma de l'un de vos romans ? Dans tous mes livres je pense que certains s'adapteraient très bien au cinéma et que au contraire d'autres ne donneraient rien. Mon roman « Côté Jardin va être adapté au cinéma mais ce n'est pas moi qui la choisi. C'est l'éditeur qui possède les droit et qui à décider de l'adapter au cinéma. Je n'ai pas voulu être consultant dans ce film , j'ai seulement donner mon avis sur quelques extraits mais je n'ai pas supervisé le tournage. Je pense que c'est une bonne chose que je n'ai pas supervisé le tournage car un film et un roman sont très différents.Il n'y a pas besoin que l'on fasses un copier coller de mon livre , je pense que la distance entre le livre et le film est un faux problème.

-Nous arrivons bientôt à la fin de cette interview , j'aimerai finir en vous demandant quels est votre conception du roman ?
Pour moi , le roman est une façon de parler de notre société à travers une narration. Je me rends de plus en plus compte qu'un roman sans idée derrière ne m’intéresse pas. Le roman permet de mettre en partage des réflexions a travers des personnages et des actions.

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VISITE D’ALAIN MONNIER

Le jeudi 28 mai 2015 le lycée Louis Feuillade a accueilli l'écrivain et romancier Alain Monnier.

Tout au long de la journée les élèves et les professeurs ont pu dialoguer, échanger et partager leurs avis divers et variés sur les œuvres d'Alain Monnier.
Auteur et père d'un héros un peu particulier, c'est dans une trilogie qu'Alain Monnier anime et met en scène Barthélémy Parpot, personnage insouciant et bien étranger à nos normes sociales.

Le style agréable et léger s'explique sans doute en rencontrant l'auteur : les lycéens ont eu la chance de rencontrer un homme simple, sincère et «transparent ». Très avenant, Alain Monnier a répondu aux diverses questions des élèves : pourquoi réécrire un conte célèbre ( Tout va par le mieux), inspiré de Candide ? Comment réussir un tel tour de génie que la création de Parpot et ses aventures ? Quelles sont les relations avec une maison d'édition ? Quel est le rôle de l'auteur lors d'une publication et quels sont les droits qu'il touche sur une œuvre ?

Toutes ses questions, Alain Monnier y a répondu sans détours ni faux semblants. De plus, il a chaleureusement dédicacé les ouvrages aux lycéens venus le voir. Et c'est avec une légère émotion qu'il a avoué être très heureux de voir, en tant que romancier, autant de jeunes lecteurs apprécier ses livres.
Pour résumer cette rencontre, trois mots sont suffisants : passion, partage et génie.

Il ne faut pas oublier que cette rencontre, avec cet auteur à l'humour génial et osé, n'aurait pu se faire sans Monsieur Teulon-Nouailles, professeur de Français et de Littérature, qui a permis aux élèves de faire
connaissance avec un vrai romancier et de s'armer ainsi pour les épreuves du Bac.

Thibaud F. 1 L2

PS : Mesdames Debray et Marchesi ont participé à cette rencontre avec leurs classes de 2nde.

VISITE D’ALAIN MONNIER
VISITE D’ALAIN MONNIER
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Alain Monnier invité par Bernard Teulon Nouailles au lycée Louis Feuillade
Janvier 2013


De la science fiction aux expériences narratives, Alain Monnier joue de ses personnages autant qu’il invite ses lecteurs à jouer avec eux. Scientifique de formation, travaillant dans une chambre de commerce, il consacre néanmoins une place prépondérante à l’écriture entre deux dossiers. Sa relation avec la littérature remonte à sa jeunesse ; c’est à l’âge des boutons que poussa l’irrépressible envie d’écrire. En effet, en cinquième, il entame ses premiers écrits, d’une trentaine de lignes à chaque fois, dont ce qui le poussera, bien plus tard, jusqu’en 1994, où il édite à l’âge de 40 ans son premier roman : Signé Parpot. Un personnage naïf et hors du commun faisant partie de la saga de ce héros éponyme, à la narration spéciale puisqu’il n’utilise exclusivement que des traces écrites, engendrant ainsi une interaction entre le lecteur et les pistes suggérées.
Alain Monnier
Pour Monnier, il ne s’agit pas d’écrire un livre seulement pour soi mais de créer un partage et de «vous faire rendre compte que le livre existe parce que vous en parlez». S’ensuivirent une douzaine d’autres histoires toutes différentes, d’une panne de frigo dont Monnier fait Givrée, d’un rendez-vous chez le dentiste à partir de quoi il concocte Côté Jardin, effroyable histoire à la limite du sadisme, ou encore Notre seconde vie, très vite disparue de nos librairies emportant avec elle ce monde virtuel dans lequel nous taillons notre vie rêvée. En fait, la plupart de ses livres sont en rapport direct avec les lois financières de notre époque, qu’il critique. Aussitôt énoncé aussitôt expliqué, Alain Monnier nous a précisé être toujours en activité dans le secteur de l’entreprise, ce qui lui permet de rester en éveil et en phase avec la société actuelle, bourdonnante d’inspiration. Car, dit-il avec simplicité, «Je rejette catégoriquement la spirale de l’écriture économique, elle corrompt la pensée de l’écrivain.»
Renversement d’époque, et première réécriture, Alain Monnier reprend le célèbre Candide de Voltaire à la demande de son éditeur Flammarion. Tout va pour le mieux est une commande, d’un classique, adressé à la jeunesse, qu’il a choisi pour la naïveté du héros, que l’on retrouve beaucoup dans ses romans, notamment dans les fameux Parpot. C’est dans un contexte de mondialisation et de finance qu’il fait naître son Dedican, plus naïf encore que l’initial, le traînant de Chine au Moyen Orient, en passant par quelques paradis fiscaux, sans jamais qu’il ne se détourne de son but ; retrouver son amour d’Astrid, pour qui il traversa à dos de chameaux l’un des plus grand déserts ; Astrid devenue call-girl puis prostituée des bas quartiers. Ce qui ne reflète pas la condition de la femme mais sa dureté, qu’il dénonce avec force, caricature oblige. De moquerie en moquerie, Alain Monnier tente tout de même de respecter le travail de son immense prédécesseur, sans prendre aucun parti même si il nous avoue être plus attiré par la position de Rousseau.
En tant qu’ex-chroniqueur du journal hebdomadaire Marianne, son point de vue sur les médias et très présent notamment lors du passage télévisé de Benjamin (Candide) dans Tout va pour le mieux, qui souhaite par le biais d’une émission populaire, retrouver Astrid sa chère et tendre. A l’issue d’un questionnaire du présentateur un flot d’insultes et plaintes d’associations de défense des homosexuels et végétariens ou encore de la protection des ours dans les Pyrénées bombardent Benjamin en réponse à ses paroles que notre société qualifie aujourd’hui de politiquement incorrecte. La toute puissance médiatique est ainsi abordée.
Les relations amoureuses jouent également un rôle fondamental pour ses personnages qui se confrontent à un amour pur, basculant souvent dans un destin dramatique, celui de l’amant devenu paraplégique dans Côté Jardin, ou celui du fougueux Parpot, épris de sa Claudine Courvoisier de novembre1990.
Dans ce dernier cas, il s’agit d’un amour idéal, avec lequel Monnier danse par l’écriture et nous fait danser en nous rendant complice, lors de ces voyages littéraires. Quand à nous c’est la valse des révisions qui nous attend !

Sarah Younan 1 L1