Résidence 2011 - Fabien Boitard

Texte de Fabien Boitard

"Pour une représentation polyfacturée du réel, parce qu'il faut de tout pour faire un monde.

Je suis peintre, faiseur d'images, producteur de tableaux. A l'origine, la peinture : sa matière, ses techniques, son histoire, ses genres.
Dès 1996, il me fallait pouvoir mettre au point un système simple et efficace qui permette un apprentissage sérieux des techniques et codes esthétiques en peinture tout en échappant à telle ou telle idéologie esthétique particulière. Cette fuite du style devait donc dans un premier temps, d'une part forcer ma liberté d'expérimentation, d'autre part tenter de vaincre le contraignant désamour de la peinture sur la scène artistique contemporaine française.

« La peinture aujourd'hui c'est fini, tout a été fait. » En réponse à sa présumée mort, je posais donc le postulat : « En peinture tout a été fait, certes ; cela m'offre donc la possibilité de tout faire. »
Comment peindre et quoi peindre ? Au travers ce prisme réflexif, je m'applique alors à essayer de définir mon propre champ d'investigation. Aussi, il me faut m'étendre sur la spécificité inhérente à la peinture/matière et à la peinture/sujet.
La peinture/matière tout d'abord : c'est à dire toutes les formes physiques, tous ses états texturiels me servent d'outils. Le flou, le net, la couleur, la non couleur, le jeté, le posé, le raclé, l'effacé, le vite exécuté, le glacis, le repentis, mais aussi le dessin laborieux, expressif, photographique, bref tout ce qui caractérise une symbolique, induit une gestuelle spécifique, une forme pure, relevant d'un choix efficace, visible et identifiable.
En axant mon travail et en composant avec ces différents rapports de factures, j'affirme la volonté de prendre des décisions parmi les possibles, garantissant un subjectivisme total. Je dispose alors d'un vocabulaire suffisamment riche pour qu'une dialectique s'instaure de part la juxtaposition ou combinaison subtile de plusieurs facture/outils entre elles.
La peinture/sujet, ensuite, c'est-à-dire les sujets en peinture, le sujet du tableau. Je peints des motifs, je m'inscris dans la peinture de genre, puisque la figuration nécessite la manipulation de thèmes, d'images : portrait ; nature morte ; paysage ; nu ; scène de genre ; toutes combinaisons possibles doivent pouvoir être traitées.
Je raconte alors des histoires, pré-textes à une réflexion périphérique au médium peinture, pour mieux partager avec le spectateur un lieu commun, celui du reconnaissable, de l'assimilable. Une poétique appropriable par tous, à l'opposé de l'idée répandue du monologue intérieur du peintre.
Images du monde puisées ça et là, dans les média, les albums de famille, sur Internet. Mixage, collage, glissement, « zapping », fondu-enchaîné, sont les caractéristiques de mes composition. La figure est là, manipulée. Ce qui est intéressant finalement, c'est de sentir le poids de cette tradition du genre abordé et de jouir de mes tentatives d'arrachement au cadre prédéfini pour sa redéfinition même. Une sorte de souplesse des genres, à la fois technique et sémantique, a toujours permis à la peinture de décrire les enjeux d'une époque donnée.
Je tente cette inscription. Le figuratif est posé dans la nécessité d'être un artiste peintre pleinement de mon temps, conscient du monde complexe, trouble, dans lequel je vis.

Portrait de famille - 2010 - 168.5 cm x 109 cm

Dans mon rapport au monde, j'élabore alors au fil de mes ensembles, de mes séries, une sorte d'état des lieux. La multiplicité du monde à relater, son intrication, nécessite à chaque fois de nouveaux axes de représentations. Je renouvelle alors sans cesse les enjeux sémantiques pour coller au mieux aux humeurs du monde, et aux miennes.
Je me suis par exemple interrogé sur ce que doit être aujourd'hui la représentation du paysage à l'heure des changements climatiques et du réchauffement inexorable de la planète. Il aura fallu une activité humaine intense, issue de la révolution industrielle, pendant plus d'un siècle pour que résulte, enfin, en ce début de XXIe siècle l'idée collective d'une nature mal en point, dégénérée, désormais à soigner, à protéger.
Conscient des années nous séparant des Monet, Courbet et autre grands capteurs de subtilités de lumière et d'une certaine vision romantique, je décidais d'aborder le genre du paysage et me donnais l'occasion d'aller peindre dehors sur le motif, comme les Anciens. Alors que ceux-ci se promenaient pour saisir toute la grâce, toute la complexité de ces paysages, et la joie de vivre, je choisissais à mon tour de sortir de l'atelier pour en sauvegarder, archiver, "numériser" ce qui pouvait encore l'être avant extinction. En prenant en compte le contexte climatique actuel, dans un rapport au monde conflictuel et désabusé, c'est sans nostalgie aucune que j'aborde le paysage et tout ce qui fait monde en général, mais dans un acte d'engagement citoyen.
La peinture/matière s'emploie donc à s'ajuster à l'idée déterminante d'un sujet donné et à rendre-compte de mon point de vue, au jour le jour."


Fabien Boitard

Résidence 2010 - Martine Lafon

in-situ.
Très vite le travail se mesure à la proportion des lieux. Les installations relèvent d’une monstration qui prend d’assaut le regardeur. Celui-ci pourra malgré tout se retrouver à un autre moment dans l’intimité et le recueillement de la petite dimension.
S’inscrire dans l’échelle du paysage ou dans celle des espaces fermés n’est pas la même prise de risque. Hors les murs, l’œil définira les limites toujours plus loin que la surface définie au sol.

photo-graphique.
L’usage de la photographie permet de prélever un élément particulier de l’environnement ou du prétexte choisi, un élément retenu parce qu’il s’inscrit ou résiste avec évidence au propos que je suis amenée à élaborer. Il déclenche alors de la matière à dessiner qui revisite la photographie ou lui fait écho.

recherche.
Si la couleur rouge est une constance dans mon travail, elle n’est pas toujours très docile, j’essaie de l’apprivoiser, de la diriger, de la contrôler et très justement elle prend parfois une place que je ne lui avais pas préparée.

http://www.martinelafon.com/

Biographie
Martine Lafon, vit et travaille à Uzès, sud de la France et à Paris. Le travail qu’elle mène autour du paysage et de la couleur rouge, l’a conduit peu à peu à rapprocher ces deux pôles d’intérêt en une seule et même préoccupation, à savoir la place que l’un et l’autre occupe dans l’art et dans l’environnement. En 1982, arrivée sur un lieu où la couleur se foule au pied, elle entame un répertoire et une classification des terres à sa manière d’artiste. Plusieurs interventions in-situ la mettent directement en contact avec le sol – Champs d’Art en 1995 en Lauragais, France ; Die Kunstlandschaft en 1997 à Berlin, puis à Auxerre, France, et l’intervention en 2006 à la Bambouseraie d’Anduze, France. Elle est reçue en 2006 au Conservatoire des ocres et pigments appliqués à Roussillon pour y envisager une résidence d’artiste et réfléchir sur le sol et la couleur
Résidence 2009 - Rémi Dall'aglio

Dans l'atelier de Rémi Dall'Aglio, à côté du plâtre, du graphite,
des pigments et des liants il y a des machines modestes ou sophistiquées, obsolètes ou up to date, en état de marche ou «hs», et que l'artiste moule, retourne, démonte, recouvre, assemble et - lorsqu'elles en sont encore capables - pour lesquelles il invente des modes opératoires inédits. Il en résulte une définition de l'atelier comme un laboratoire dans lequel ne cessent de se croiser, de s'hybrider, de s'interroger, des disciplines et des pratiques que la spécialisation a depuis longtemps séparées. Artiste, Rémi Dall'Aglio ne renonce donc pas à être aussi physicien, soit un physicien-artiste qui peut rêver sur la forme que prend l'onde de propagation d'un son, et
qui s'inspire, dans ses dessins, du balayage des électrons dans un tube cathodique.


Sans titre  - série Effet de champ  - impression numérique au jet d’encre, charbon, vernis et crayon sur papier - 100 x 70 cm - 2008

Résidence 2008 - Hamid Maghraoui

Hamid Maghraoui observe les objets de la vie courante et comme un illusionniste il les détourne de leur fonction originelle en jouant sur la lumière du jour, l'éclairage artificiel, le cadrage ou encore la distance dans un effet de trompe l'oeil. L'artiste aime à improviser avec "deuxbouts de ficelle et un morceau de carton" comme il le dit souvent. Ses oeuvres naissent d'une carte électronique empruntée à un téléviseur ou d'une compression de bouteille. Ces objets revisités par l'oeil d'Hamid Maghraoui servent de décor en carton pâte pour des photos de villes improbables baignées par une lumière ou domine la palette des bleus. Tout aussi étonnant, ses détournements de l'image vidéo et en particulier des présentateurs de journaux télévisés.

Sans titre - photographie couleur contre collée sur dibon 68 x 55 cm - 2006
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Résidence 2007 - Jean-Claude Gagnieux


Il utilise toutes les techniques et mediums pouvant servir ses préoccupations, l’utilisation du son et du mouvement (mécanisme) ne lui fait pas peur.

Vit à 30600 Vauvert

Bio : Né en Algérie Bilbat, ancien prothésiste dentaire, ancien éducateur aux activités nautiques

Cet artiste réalise de très nombreuses scènes, où il pratique à l’aide d’instruments sonores de sa fabrication, ou pas, en interaction avec des positions corporelles raffinées, des provocations plastiques qui s’imposent à notre attention.

Cette attitude de la prise en charge du corps comme volume sonore est à relier aux mouvements américains (Fluxus), Japonais (Gutaî) du XX° siècle, mais aussi des attitudes ancestrales Inuit (esquimaux) ou Persane (musique sacrée). Introduisant dans ses actions la volonté de dégager l’esprit contemporain des peurs intellectuelles qui nous fondent la société occidentale (affect, dualité, collection, contrôle, …) . Jean-Claude Gagnieux positionne l’art comme honneur originel pour nous ramener à la tribut comme collectivité fondatrice du plaisir d’être « en » ensemble.

http://www.documentary-art.net...
http://fr.wikibooks.org/wiki/...
http://www.leschantiersboitenoire.com/.....
Oreiller dit plus que parfait - assemblage, oreiller, trompe-klaxon - 50 x 50 x 40 cm - 2005