STIMULI expositions des élèves des Beaux-arts de Nîmes

Exposition STIMULI, c’est conçu pour stimuler l’esprit, disait l’affiche confectionnée par une Première, arts plastiques. En fait, il était effectivement stimulant de penser que ces onze étudiants des Beaux-Arts de Nîmes, dont certains avaient réussi leur examen au Lycée Louis Feuillade, pouvaient montrer la voie à leurs cadets, préoccupés par les études supérieures à envisager .

Plusieurs œuvres ont retenu notre attention : d’abord, dès l’entrée, l’installation murale de Laurie Gicquel : des petits ronds de papier répartis sur le mur et dont on percevait les effets colorés en se déplaçant sur le côté. Un travail manifestement sur la forme et la couleur et les phénomènes optiques qu’elles génèrent (Illan).
Juste à côté, deux petits tableaux très sombres de Xu Liu représentant des cartons de couleur jaune doré : on aurait dit des bijoux. Ainsi, de la pauvreté du matériau, le peintre chinois fait-il naître comme une richesse magique (Danaëlle).

La robe trop fine et les clous dans les chaussures de Lia Marchetti semblent dénoncer l’oppression des images de mode que nous inflige la société d’aujourd’hui. On nous emprisonne dans des modèles étouffants et, à force de mincir certaines ne trouvent plus « chaussures à leurs pieds » (Hanaé).

La toile figurant une sorte d’antilope ou de gazelle sur fond monochrome beige, émergeant des craquelures a fait l’unanimité. Le cadre du tableau de Pauline Poissy rappelle en effet l’environnement de l’animal, son territoire en quelque sorte. On peut penser que l’artiste a voulu camoufler la bête comme pour la rendre intouchable (Nelly).

Nous avons été moins sensibles au dispositif optique d’Aurélie Escale, et qui nous fait prendre des biscuits apéritifs pour des bacilles dans une boîte noire appliquée contre une vitre, à observer par un oculus.
De même, nous sommes restés sceptiques devant les pâtes à modeler en expansion de la jeune égyptienne Maguie Magdi Abdelahad, dont on nous a dit qu’elle travaillait sur la matérialisation du son.

Enfin, dans la première salle, une vidéo au sol projetait un travail à l’encre de chine de Colin G, qui semblait dessiner en soufflant dans un roseau, une ligne de vie. C’était bien mais nul parmi nous ne l’a placé en premier (anonyme).

Dans la deuxième salle comment passer sans réagir devant l’installation sonore d’Elisabette Zelaya : 24 chaussons de ballerines disposés en cercle tournant autour de la danseuse étoile, montés sur socles et diffusant de la musique de serinette. Comme quoi une simple partie suffit à nous faire imaginer le tout : un corps de ballet féminin (Nicolas). On notera que les 25 musiques répertoriés se mêlent et « confondent dans une ténébreuse et profonde unité » (Baudelaire).

Juste à côté, la jeune chinoise Ji Young Reu nous ouvre les portes de son royaume. Ses deux photographies mettent en relation, sous les fenêtres, les arbres de l’extérieur et des sortes de cheveux sculptés par sa main. Comme ils sont de couleur différente on pense au jour et à la nuit, à la clarté et l’obscurité (Victoria). Cela laisse supposer une continuité entre l’art et la nature.

Sur le mur du fond, deux photographies d’Amandine Marque pourraient s’intituler « La réalité douloureuse d’une vie onirique ». (Clément). Des jeunes filles prenant des poses de mannequin tiennent en effet dans la main des ustensiles de cuisine. En attendant d’être la belle au bois dormant, il faut se contenter d’imiter Cendrillon (Le prof).

Enfin, Emmanuelle Schmitt a agrandi démesurément une cellule, toute trouvée sur Internet, de pollen. Cela rappelle alors une planète ou la lune, présente sur les vitres des fenêtres, dessinée dans du blanc de Meudon et projetant des effets lumineux au sol, quand le soleil consent à jouer le jeu (anonyme).

Une interrogation donc tantôt sur le trompe l’œil et les effets de matière, ou de lumière, sur les lois de l’optique et du visible, sur les clichés relatifs à la mode, sur les aléas de l’existence et les surprises du réel quand il se fait art, le rapport du visuel à l’auditif… Une exposition surprenante de jeunes étudiants appelés à obtenir prochainement leur diplôme et dont il sera intéressant de suivre la carrière d’artiste…

Les L (aiguillés par leur professeur BTN).